vendredi 30 mars 2012

Les causes infertiles et les heures indues

Rien ne me réjouit plus que les causes infertiles croisant les heures indues. Défendre le subclaquant point-virgule à 2 h du matin est un délice. Loin de moi l’idée d’infliger à mes lectrices soldates dans les armées de Corée du Nord un pensum de 300 000 signes sur ce noble signe de ponctuation — Jacques Drillon s’y est employé avec bonheur dans son Traité de la ponctuation française. Mais qu’elles admettent par-devers elles que le point-virgule tient la langue comme la ceinture l’uniforme. Sans ceinture, pas de prestance, pas de respiration non plus. Le point-virgule est une pause nécessaire, un pilier de soutènement, un tango. C’est dit ; nous n’y reviendrons plus.
Soyez assurés cependant que nous évangéliserons prochainement les moudjahidines afghans en leur faisant rendre gorge devant la beauté de l’élision : on ne dit pas un film de Al-Qaïda mais un film d’Al-Qaïda !




La Nouvelle Gauche, qui s’était retirée dans un coin pour discuter des implications possibles de cette présence massive d’ordures S.S. sur le campus, poussa un soupir de soulagement non dissimulé mais continua de faire état de ses doutes.
(Tom Sharpe, Wilt)