samedi 31 mars 2012

Rugbymen, mes héros costadus

J’envie tous ces types costadus qui couvent tendrement un ballon ovale entre leurs gros bras. Ça, c’est des vrais mecs. Des vrais de vrais, pleins de muscles, mais avec de la tronche en plus : ils sont costadus de partout. Et pas que… Tous ces costadus sur un terrain de rugby ils sont résolus du panache. Prêtez l’oreille aux commentaires, les filles, qu’est-ce qu’ils disent, les journalistes ? Que Morgan Ynavégui, porteur du ballon, se faufile dans les intervalles et plaque entre les poteaux. Pas un soupçon d’hésitation, pas l’ombre d’un doute. Comme tous ses potes costadus, Ynavégui est le genre de gars qui, devant un double commutateur électrique commandant le va-et-vient du couloir et celui de la cave, ne lui prête même pas un millième de seconde son extrême attention tendue ; son index déterminé enfonce la bonne touche (hein, hein…) pour éclairer le couloir, vu qu’il se fout comme de son premier maillot de descendre à la cave. Il n’a peur de rien. Si pour le commun des mortels tout choix est un renoncement, pour les chevaliers rugbymen c’est autre chose : une nécessité. Voilà pourquoi les costadus des terrains du Sud-Ouest ont une vie amoureuse saine et épanouie. Il y a de quoi en vouloir à ses géniteurs de n’avoir pas pécho le gène du costadus dans le panier garni accompagnant le premier brame.
Je me demande si on joue au rugby en Corée du Nord.





Dans la cuisine, il se versa un grand verre de racinette et fit cul sec car il n’avait jamais eu aussi soif de sa vie ; il s’en versa un second et, cette fois, prit son temps pour le boire pendant que son Hot Pocket jambon-fromage grésillait dans le four à micro-ondes.
(T.C. Boyle, Histoires sans issue)