jeudi 19 avril 2012

Dans cinq ans, je suis marathonien

C’est à la portée de n’importe quel abruti, je possède donc toutes les compétences requises. Une simple question de volonté politique : je décide d’être marathonien et je recrute une équipe solide. Un bon directeur de campagne, un chef de cabinet, un porte-parole, un attaché de presse. Ensuite, il s’agit juste de « courir les rues, battre la campagne, fendre les flots » (Raymond Queneau). Ils sont dix à finir ce marathon aussi intéressant qu’un défilé protestataire République-Bastille et retour. Dix à être contents d’eux-mêmes ; ils pourront écrire au feutre sur leur tee-shirt blanc immaculé : « Présidenthon 2012, j’y étais, man ! » Et les survivants reviendront dans cinq ans, n’en doutons pas : quand on a goûté à la course de fond, on ne peut plus s’en passer, c’est comme les macarons. Mais honnêtement, j’ai mâché trop de macarons ces derniers temps, j’ai soif, très soif. Et la première oasis n’est même pas sur les cartes.




Aujourd’hui le gardien m’a donné, avec ma ration d’opium, un bonbon. Goût de menthe. Je l’ai laissé fondre sous ma langue sans le sucer pour que le plaisir dure le plus longtemps possible. Un bonbon dans une cellule sombre vous rappelle la vie.
(Chahdortt Djavann, La Muette)

6 commentaires:

  1. Et ne pas oublier comme livre de chevet: Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de MURAKAMI

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  2. Mais dans les dix, si je puis me permettre un peu de militantisme, un seul ne dit pas "je" mais nous, un seul n'écrit pas "je" sur son programme. JLM.

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    2. Ah. Bon. C'est noté. Mépoutoucédou.

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Commentaires