mardi 17 avril 2012

Les jours girafe

C’est comme ça, il y a des jours girafe. Des petits matins comme on les aime, où les filles sortent du Lido. Il y a un je-ne-sais-quoi de bondissant dans l’air, et la foule à nos pieds se ratatine, rampe, gluve. On lévite sur le trottoir, surfe sur l’ouate jusqu’à la bouche de métro où on plonge tête la première. On banane, on pomme, on doulce, on sucrette, on pétille. C’est de la grandeur qui pousse, de la légèreté qui s’entortille. Rien ne peut nous atteindre. Les jours girafe, on roule une gamelle (virtuelle, faut pas charrier) au SDF du pied de l’immeuble, on se poumonise du parfum d’un lilas, on se nourrit d’un pépin, on boit du jus d’écorce, on perd la mémoire.
Mais quelque part dans le déroulement des jours girafe, sous un repli tordu du sablier, on croise un crétin et on dévisse On s’écroule. Les jours girafe on s’araignise, on se moucheronne, on finit par regretter la savane.




il n’arrêtait pas de dessiner des poissons
sur des feuilles de papier
et j’ai dit :
Jack, qu’est-ce qui ne va pas ?
(Charles Bukowski, Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines)

3 commentaires:

  1. Mais en même temps, les girafes ne parlent pas. Elles te léchouillent beaucoup, avec une fort jolie langue bleue mais demeurent coites. D'où, sans doute, l'association de la girafe et de l'araignée.

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  2. tant que tu parles, c'est que tu ne baves pas.

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Commentaires