vendredi 6 avril 2012

Viva l'Italia !

Les forces vives de l’Italie ont rejoint la 1re Internationale des lectrices de mon beau Spiralweb. Et pas qu’un peu : tout un escadron de carabiniere, officières comprises ! Ça me console de mon échec sidéralant avec les soldates nord-coréennes. Et puis cela m’autorise un balancement compensatoire subjuguant de beauté mélancolique : les Russes me désertent malgré mon mot gentil sur Poutine.
J’ai été mal compris lorsque j’affirmai que le tsar de toutes les Russies n’était pas un grand homme dès lors qu’il montait un cheval. Je voulais simplement souligner que, d’un simple point de vue esthétique, Poutine juché sur un canasson, c’est un peu comme une merde en Saône — saillie empruntée à feu mon grand-père lyonnais. Une sorte de dégénérescence chiraquienne, en plus hostile. Son regard équitationnesque fou n’arrange rien, on le sent prêt à reprendre en mains tous les services secrets de l’ex-bloc de l’Est et à les faire cavaler à coups de cravache cloutée. (Je parie qu’il sait parler aux soldates nord-coréennes, lui.) Dès qu’il met pied à terre, on sent au contraire les forces souterraines de la poésie lyrique brasser son sang fécond : c’est Dante et Lamartine unis pour des siècles, Hugo qui vous contemple avec une certaine forme de mansuétude, Apollinaire survivant des grands flacons, Neruda et Whitman qui roulent leur chant général dans des bâtons de fumée qui vous emportent.
J’espère avoir été entendu des rescapés du Komitet gossoudarstvennoï bezopasnosti
Cette bise au poing et amphètes, revenons à nos tomates volubiles. Ah, l’Italie…
Avec l’Italie, c’est le soleil qui entre dans mon beau Spiralweb, et je puis me contenter de noyaux d’olives et de tendres feuilles de rucola. C’est l’agora romaine exaltant un pied grec, c’est il monte Vesuvio qui descend en culotte de velours dans la gorge, c’est un mobile sculpté dans les plus belles veines de marbre ! Ah !
Je n’ai pas besoin de dire un mot gentil aux Italiens, ils sont au-dessus de ces basses contingences, ils ont adopté mon beau Spiralweb comme j’ai adopté la Galleria degli Uffizi ; c’est un bel échange de liens ensoleillés, et chauds, et beaux, et colorés, et magnifiques, et émouvants, et noués.




 Des contrées bordent la Méditerranée.
(Jean-Michel Espitallier, Gasoil)

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