lundi 30 avril 2012

Vocifère et Tergiverse, artistes de cirque

Aucun de ces deux comiques n’est équipé pour changer de métier.
L’un a essayé cinq ans, en hurlant. Rien n’y a fait, il restera un dompteur agité, que ses tigres méprisent.
L’autre flotte dans son nouveau costume de représentant du peuple. Il y a de grandes chances qu’il demeure ce monsieur Loyal bonnasse qui n’entend pas faire de vagues et ne voit pas plus loin que la piste qu’il anime.
Nul ne les a prévenus ? Ils ignorent encore que le monde a changé autour d’eux, que la piste aux étoiles a sombré au fond des années soixante, que la clownitude ne s’enseigne plus sur les mêmes bases qu’autrefois, dans l’ancien temps de la Cinquième République. Il n’y a plus de petite écuyère, il n’y a plus d’otarie. Plus de mouton à cinq pattes, plus de puce savante, plus d’aigle agile. Ça ne rigole plus des masses dans les environs immédiats des panneaux électoraux 1 et 2. Penchez-vous, les gars, du haut de vos affiches, regardez dans le caniveau, il y a du monde.
Mais puisque de deux pitres il faut choisir le moindre…




Si vous deviez participer à une guerre des épices, pour quelle épice vous battriez-vous ?
(Padgett Powell, Le Mode interrogatif)

1 commentaire:

  1. Si les tigres avaient un tant soit peu de bon sens, ils boufferaient le premier. A moins que, du bon sens, ils n'en n'aient trop justement : peur d'être empoisonnés.

    Sinon, entre cumin et cannelle, mon coeur balance.

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Commentaires