mardi 15 mai 2012

De petits animaux morts

Quitter la capitale de la France pour un recoin obscur du monde connu apporte quelques avantages dont on prend la mesure à chaque retour dans la grande ville. L’un de ceux-ci réside sans conteste dans le relief pris soudain par la physionomie urbaine. À République, les travaux avancent malgré tout, la nouvelle place se dessine. Dans les vide-greniers nombreux, le retour de la friperie s’est accentué. Dans les librairies, les lecteurs achètent du poche, et dans les cafés plus de dessert avec le plat du jour. Et puis, à chaque carrefour important, au pied de chaque distributeur bancaire, dans les squares la nuit, sur toutes les grilles de métro dispensant de la chaleur en cette période de saints de glace : des hérissons, des chats, des chiens, des renards, des loirs ; de petits animaux morts. Les clodos d’autrefois, les SDF d’hier ont abdiqué.




Les choses étaient détendues en ce temps-là pour Moldenke. Il était libre et vert frais, avec d’éclatants soleils derrière lui, des spirales devant.
(David Ohle, Motorman)

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