mercredi 2 mai 2012

Je ne m'ennuie jamais seul

Je me suis mis aux outils. C'est fou ce qu'on peut obtenir d'un gros marteau ou d'un petit tournevis cruciforme. Ah… le petit cruciforme ! Comment faisait-on avant ? Du temps des vis à tête plate. J'ai aussi beaucoup progressé avec le four à chaleur tournante, tiré le meilleur parti d'un aspirateur à variateur, manié la perceuse avec une aisance naturelle, vibrionné l'harmonica diatonique, dansé avec une souple scie sauteuse, gâché du mortier d'une suave truelle et rejointoyé ma vie à la queue de rat. Eh bien, les filles, au bout du compte, je ne souhaite ça à personne, pas même à mon pire ennemi sud-coréen. Car enfin quoi ? Je suis un fameux bricoleur et ne m'ennuie jamais seul, soit. Mais si vous saviez comme je suis un être intrinsèquement sociable, divinement exquis, profondément doux et doucement profond… Si vous saviez cela, vous m'empêcheriez de commettre l'irréparable : l'ouverture d'une quincaillerie. Fût-elle entièrement dévolue aux superbes machines-outils nord coréennes.




Tout ce qu'on vous raconte ici se meut avec des pieds imaginaires le long des parallèles de planètes moribondes ; tout ce qu'on voit avec l'orbite vide éclate comme les fleurs de l'herbe.
(Henry Miller, Tropique du cancer)

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