samedi 9 juin 2012

Les accélérateurs de particules des grandes villes

Le savent-elles, ces saletés hautaines de grandes villes, qu’elles fonctionnent comme des accélérateurs de particules ? Une terrasse de café, le bazar d’un hôtel de ville, la rue d’un temple, les abords de la fontaine d’une sainte Phalle fournissent leur lot de saynètes et des galeries de personnages hauts en couleur. Ça jaillit à flot continu, s’enroule dans les spirales narratives, subit des pressions pneumatiques et retombe là où ça veut.
Une grande perche en slim rouge sur un Vélib’, un greffé du boîtier ventrophotographique, une très jeune fille avec un chignon banane se rejoignent dans un sourire pour illuminer mon beau Spiralweb, poussant du coude des fantômes anciens.
Désabusé, un spectateur de cinéma lâche sur un trottoir : « On s’attendait à des réponses sur la création du monde… » Deux vendeurs du rayon disques d’un ex-agitateur culturel repoussent les frontières connues de la science : « — Tu le savais, ça… ? Le lièvre, il va aussi vite qu’un guépard. Sur 50 m, le lièvre va aussi vite qu’un guépard ! — C’est incroyable ! » Oui.




L’impatience de l’inconnue m’avait pénétré comme une décharge électrique. Pourquoi ai-je pris mon pistolet, pourquoi l’ai-je glissé dans ma ceinture ? Je ne le saurai jamais. Peut-être parce que la panique est infectieuse et que la violence seule peut la calmer.
(T.C. Boyle, Histoires sans issue)

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