lundi 9 juillet 2012

Des cochons verts

Dans les mot-clés qui tuent et conduisent des égarés sur mon beau Spiralweb, je viens de décrocher « implantation de gène d’épinard sur un porc ». Ça me vexe, ces conneries-là, les gars (je n’imagine pas un seul instant une soldate à ce point merdouiller). Mon éducation judéo-chrétienne me fait culpabiliser : pourquoi me prend-on pour un porc ? Mio Dio, qu’ai–je commis ? Quel signe ai-je encore envoyé aux drosophiles égarées ? C’est doublement de ma faute ; si j’avais progressé dans le soufisme, j’aurais avantageusement pensé : pourquoi me prend-on pour un gène d’épinard ? Et en relisant le coran : pourquoi me prend-on pour un épinard ? Après une nuit endiablée de torah : pourquoi me prend-on pour un gène ? C’eût été plus digne.
Le Spiralwebman étant au courant de tout —par statut, par fonction, et grâce à son esprit guerrier —, j’avais prêté une oreille (de cochon) distraite à cette manipulation génétique-là. Beute je n’en ai pas souvenance dans le détail. Autant l’herbicide cheval de Troie dans le maïs avait retenu mon attention, autant là… De quoi est-il question ? Un lobbying des restaurateurs innovants ? Va-t-on vers des légumes ou des herbes aromatiques intégrés à la bidoche ? L’agneau anglais aurait ainsi la sauce à la menthe dans les ribs et le porc français la patate dans les pieds panés. Pourquoi l’épinard dans le porc et pas goofy la pomme de terre ? C’est un mystère, à moins que ces manipulations n’ouvrent de nouveaux marchés et n’imposent le porc nouveau aux peuplades anciennes : les hommes fleurs de Sumatra auraient un joli rôti du dimanche. Un gène de banane plantin dans la cuisse de grenouille, de potiron dans la gigue de condor, d’herbe à chat dans la girafe unijambiste, de crétin du Grand Nord dans la cagole du Grand Sud… autant de perspectives douces et variées qu’incommensurables qui permettraient du même coup de larges campagnes d’évangélisation des sous-peuples privés de raffinements occidentaux.
N’empêche, une drosophile perdue dans le nuerb du web m’a fichu le bourdon. J’ai toujours détesté les épinards. Je n’aime pas me faire traiter de porc. Méfie-toi, je sais où habite ta mère !




Et tous les hommes, oui, tuent la chose qu’ils aiment,
Que tous entendent bien cela,
Il en est qui le font d’un simple regard aigre,
D’autres d’un mot de flatterie,
Le lâche, pour le faire, utilise un baiser,
Et le courageux une épée !
(Oscar Wilde, La Ballade de la geôle de Reading)

1 commentaire:

  1. Moralité, rien ne veau le chocolat implanté dans le caféier.
    ... Dit la soldate coréenne en grande forme - et sans implant.

    RépondreSupprimer

Commentaires