vendredi 10 août 2012

Les voyages déforment la vieillesse

Ah, chères soldates nord-coréennes, j’ai mis un temps fou à rentrer de London où j’étais allé soutenir nos athlètes de haut niveau : gares et aéroports bondés. Des touristes partout. Des encourageurs de sport. Des préretraités CSP+ en transit, retour de longs courriers. J’attends gentiment mon autobus du ciel en m’efforçant de faire abstraction de la vociférante populace qui m’entoure, me ceint, m’encercle, m’asphyxie, lorsque ma lecture de Mortorman patine fou pain tandis que mon MP3 tombe en rade ; deux grands arpenteurs du monde lointain échangent à ce moment-là leurs impressions, lesquelles obstruent violemment mes oreilles :
—Quand on rentre du Viêtnam, on peut pas dire qu’y a pas de pauvres. C’est plein de pauvres, le Viêtnam !
—Ah oui, c’est sûr. En Égypte, c’est pas pareil. Quand tu vois les pyramides, tu te dis qu’y a eu quelque chose avant Jésus…
J’ai ramassé mes deux bras par terre et me suis traîné comme j’ai pu jusqu’à ma porte d’embarquement. Je regrettais presque la fête olympique.
Vous me manquiez, mes chères soldates, vous me manquiez…




La peine de mort naturelle comprend toutes sortes de mort : les uns peuvent être condamnés à être pendus, d’autres à avoir le poing coupé ou la langue coupée ou percée et ensuite à être pendus ; d’autres pour des crimes plus graves à être rompus vifs et à expirer sur la roue, après avoir eu les membres rompus ; d’autres à être rompus jusqu’à mort naturelle, d’autres à être étranglés et ensuite rompus, d’autres à être brûlés vifs après avoir été préalablement étranglés ; d’autres à avoir la langue coupée ou percée et ensuite à être brûlés vifs ; d’autres à être tirés à quatre chevaux, d’autres à avoir la tête tranchée, d’autres enfin à avoir la tête cassée.
(J. A. Soulatges, Traité des crimes, 1762. Cité par Michel Foucault, Surveiller et punir)

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