vendredi 29 mars 2013

Les Irlandaises vous lavent les yeux


Les Irlandaises vous lavent les yeux, et vous l’ignorez, chères soldates des légions nord-coréennes.
Lorsqu’elles s’approchent de vous, vous les voyez venir de loin, grises, basses, confuses, menaçantes, et pourtant vous restez là, statufiées, bras ballants. Parce que vous ne demandez pas mieux que de sonder autrement le paysage qui s’offre ordinairement à votre regard. C’est sans doute ainsi qu’il convient d’appréhender la pluie, et non pas comme une humeur nauséeuse et glaciale venue du ponant des confins de notre territoire.
Vous, je ne sais pas, mais pour ma part, dès qu’il pleut, je parviens à m’en sortir en admettant comme vérité première que la pluie décape le monde qui m’entoure. Jusqu’à l’os. On ne peut pas tricher avec la pluie : l’essentiel s’inscrit sur votre carte-mémoire. Le reste s’évacue sous vos pieds, boues annexes qui nourriront plus tard le sol — mais c’est une autre histoire.
La pluie est une promesse de densité, puis le noyau même de la matière. Elle ne laisse pas indifférent. Le crétin le plus épais, le connard atomique de rang 1 lui-même, ne peut se soustraire à elle. Elle le pénètre, l’épingle, le traverse, le retourne. Lui lave les yeux, malgré son obstination foncière à avancer tête baissée. Le con admet des choses sous la pluie qu’il n’admettrait pas par beau temps ; eh oui, lui aussi n’est pas étanche.
Finalement, c’est peut-être pour ça que j’aime les Irlandaises : le temps d’une averse, elles rendent les cons plus fréquentables.




— C’est une question de… eh bien, sur le plan technique, chaque microcouche de cristaux, et chaque cristal dans chacune des couches, est polarisé de manière à réfracter ou absorber la lumière. La polarisation est binaire… c’est du code, et l’intervalle entre la base et le sommet représente une échelle de temps. Cela représente un événement…
— Lequel ?
(Robert Charles Wilson, Mysterium)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaires