mercredi 27 novembre 2013

Montreuil, c'est waou


Chaque année, depuis… le Salon du livre de jeunesse de Montreuil vient faire le malin et nous rappeler, à nous les trimardeurs qui ahanons pour river les pupilles des ados sur des feuilles de papier, combien la littérature de jeunesse est importante.
Bah tiens, comme dirait Gaston, voici un petit mail de prescripteur spécialisé (une sorte de chevalier blanc) suivi de ma réponse à icelui, histoire de faire la fête pour l’inauguration mercredi 27 novembre.
Champagne, mes petites soldates des légions nord-coréennes, champagne !


Le 26 nov. 13 à 16:32, Fête du Livre a écrit :

Bonjour Thierry,
J'ai une amie Sophie Duval, elle n'est pas banale. Pour Noël, elle a commandé une librairie au Père Noël. D'accord, elle n'y est pas allé de main morte. Mais comme moi, je sais que le gros joufflu n'existe pas, j'ai décidé de lui... prêter main forte.
Sa drôle d'idée, en fait pas drôle mais singulière et courageuse est de reprendre une librairie indépendante "Une page à Lire" près d'Ambérieu-en-Bugey. Sophie est librairie de formation et libraire dans la vie et même si elle a quelques économies, il lui manque encore 5000,00 €. Alors elle me lance un appel à participer et moi je vous lance ce même appel à participer que vous trouverez détaillé dans le lien ci-dessous. 500 donateurs à 10,00 € (voire plus si affinités ou gros moyens) qui auront un cadeau en contrepartie... L'idée, c'est de motiver vos contacts, de relayer cette information voire de participer...
Si vous n'êtes pas adepte de Ulule, vous pourvez, si vous le désirez, lui envoyer votre soutien à :
Sophie DUVAL - 69, rue Alsace-Lorraine - 69400 Villefranche sur Saône.
Sophie Duval a reçu les soutiens de nombreux auteus et illustrateurs dont Ingrid ChabbertYaël Hassan,  Agnès de Lestrade, Jean Gourounas, Florence Cadier, Chloé Dubreuil, Véronique Massenot, Michel Piquemal, Martin Page, Alice Brière-Haquet, mais aussi Michèle Moreau, André Delobel, Rolande Causse, Réné Gouichoux...
Découvrez son projet sur...
Bien à vous,
Gérard PICOT
Directeur de la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne
04 72 65 00 04


Le 27 novembre 13, Thierry Lefèvre a écrit :

Bonjour Gérard,

Tiens, me dis-je, en voyant l'émetteur du message, ce sacré Gérard Picot m'invite enfin à la Fête du livre de Villeurbanne, ma ville de naissance (ce n'est pas une blague), chouette ; les quarante livres que j'ai publiés en jeunesse ces quinze dernières années ont enfin attiré son attention  — content, je suis.

Mais non, Gérard Picot me demande du blé pour une de ses amies libraires… Ah oui. C'est bien connu, les auteurs, surtout en jeunesse, roulent sur l'or : le peutizéditeur lui demande du flouze pour tenir (vive les souscriptions) ; le blogueur de mes deux qui ne sait pas aligner une phrase sujet-verbe-complément au présent de l'indicatif lui réclame un service de presse ; l'organisateur de salon associatif lui demande une intervention bénévole en classe ("ça vous fera votre pub") ; et le gros organisateur, pardon Gérard de cette trivialité, le snobe pendant quinze piges, mais sans vergogne vient lui faire les fonds de poche pour racler 10 euros.

Dis-moi, Gérard, as-tu une idée de ce que gagne chaque année un auteur qui n'a pas d'autre job ? Franchement, juste une petite idée ? Fais le rapprochement avec les émoluments que te verse ma bonne ville de Villeurbanne pour organiser ta petite fête pour happy few, et puis, tant que tu y es, compare le pourcentage que se prend un libraire sur la vente d'un livre (aux alentours de 38 à 40 %) et celui dont l'éditeur fait l'aumône à l'auteur (en jeunesse, entre 5 et 8 %). Tu vois… Ajoute à ceci cela : le libraire est le seul commerçant qui peut retourner ses bananes pourries au distributeur et se les faire rembourser, pas mal ; toujours au détriment de l'auteur : les livres défraîchis iront au pilon (et parfois, même ceux qui pourraient être réintroduits dans le circuit de distribution y vont, ça coûte moins cher que de les réintroduire dans un stock régional).

Alors deux petites choses pour finir : 1/ je suis au RSA (ça te dit quelque chose, le RSA ?) ; 2/ si t'es couillu, tu m'invites quand même à Villeurbanne.

Je t'embrasse, Gérard, et te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année.

Thierry







« Dans les rapports sexuels, préférez-vous une cadence soutenue ou des mouvements plus subtils ? »
(Padgett Powell, Le Mode interrogatif)

1 commentaire:

  1. Bravo mon vieux gars, ta vieille spiral-ouaibe gigote encor… et comment !
    Ceci dit, je commençais à être inquiète ; ne refais plus d’apnée existencialo-blogosphérique, merde !
    Hé, ma biloute rieuse, à six contre un qu’il t’invitera au bal des faux culs de Villeurbanne, le Gégé.
    Ton c@det

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Commentaires