mardi 25 mars 2014

À mains nues


Un moucheron secoue ses pattes dans la peinture jaune. Un chien halète. Des enfants crient et rient. Un papillon volète dans les graminées. Une brise froisse la surface de l’eau. Les lignes des cultures fixent le paysage en arrière-plan. Les grenouilles relancent leur discours, les peupliers balaient le soir. Une bouée rouge répond à la grisaille des rochers de la digue. Le bruissement des érables ne peut plus attendre. Électricité. La tristesse ensoleillée prend la forme d’une décision politique, la plénitude est remise à plus tard. On pourrait vider le lac artificiel avec une paille et chercher à mains nues dans la vase le grand poisson des profondeurs, le silure originel qui a foutu la merde. On pourrait. Rien que pour palper les limites du monde.




« Les cheveux de Mme Rouby sont roses, le foulard est rose. Mais la vie n’est pas rose. Grand soupir de Mme Rouby qui détourne la tête et prend la pose de la Vierge de la cinquième angoisse. »
(Pascale Gautier, Les Vieilles)

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