vendredi 2 mai 2014

Bambous


L’unicorne du bourdon pénètre en terrain conquis, l’écureuil esquive. Le chat fume un mauvais cigare italien. Un cul passe. Trois poubelles raisonnent quant à la nécessité de se remplir l’esprit d’eau de pluie. Les radis noirs recoiffent leur mèche lilas. Une soif. Les rotations reprennent. Les soucis orange marchent en crédence. Les coques des mouches crissent sous les pneus safran. Un navolant crie lavatère. La roquette s’éparpille, le volet glousse. Trois heures trois quarts d’un après-midi de Judas. Dire qu’il faut encore tenter un essai. Le laminoir des huiles s’est redressé dans la caillasse de l’air. Bourru dort. Tandis que l’île… Les couleurs éclaboussent une livrée. Les petites fenêtres avalent tout. Rien ne rumine plus comme la tétée du soir. L’araignée rafle la mise, hautaine. Quelqu’un compte, au loin. Les iris pourraient fumer, l’on y prend garde. Glaise qui roule, bambous. Bambous.




« Non mais attends
peut-être ne vais-je pas réussir à dormir
et ce sera une très belle nuit blanche »
(Frank O’Hara, Poèmes déjeuner)

1 commentaire:

  1. Y a pas, Titi, tu tournes mal, néo-bucolique, 'tain !
    Ça m'inquiète tous ces radis noirs, ces roquettes et ces araignées sournoises qui te traversent la caboche. Ch'ais pas bien si ça te convient le grand air et les nuits blanches?
    Tu me serais pas tombé amoureux, des fois ? !
    Hé, ça la fout mal, un vieux julot comm'toi, blanchi sous le harnais, un mec qui avait un Prix de Diane aux asperges rue Ramponeau et qui faisait la loi à Paname y a pas trente piges !
    "O tempora, o mores".

    Faiblis pas mon vieux gars ! T'es sous le regard de Messieurs les Zommes...
    Mets-y une avoine à cette Bambou !

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Commentaires