lundi 5 mai 2014

Parfois je tremble


Parfois je tremble, sans raison apparente, sans savoir pourquoi. Je tremble, bras et jambes. Je fourmille, mains et doigts. Je tremble au lever, mes mots tombent, poussière de bois. Ne pas parler, ne pas sourire, juste trembler, dans les hauts, dans les bas. Danse des flammes bleues, couvade des braises, briquet tempête, collants des fêtes. Petits répits, petites défaites, souffles courts. Parfois je tremble, comme on marche tête baissée, comme on court droit devant, comme on s’enivre. Parfois je tremble, cul sec. Je tremble, paupières fermées, œil rentré sur les vols lourds des migrateurs. Parfois je tremble, outils rouillés, force tranchée, bec émoussé. Je tremble, écorce grise, aubier dense, soleil vert. Parfois je tremble à m’en manger les lèvres. Parfois je tremble à en baver. Fouet, coups de poing, coups de pied. Parfois je tremble en attendant mon heure.




« J’ai balancé ma tête dans tous les sens pour retrouver
la direction du bel instant »
(Pierre Albert-Birot, Poèmes à l’autre moi)

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