mercredi 14 janvier 2015

Presstalis ou la distribution aléatoire de la presse


Presstalis, société de distribution de la presse (ex-NMPP), qui alimente en journaux 27 000 points de vente sur le territoire national, démontre une fois de plus son manque de professionnalisme avec la mise en place des 3 millions d’exemplaires de Charlie Hebdo. Ce numéro mis en vente durant deux semaines dès le 14 janvier a vu son premier tirage épuisé dès les premières heures de la matinée, des exemplaires surtout servis dans les kiosques et maisons de la presse des grandes villes. Quid des petites villes de province ? Presstalis s’en contrefout. Et les grands gestionnaires de cette messagerie qui occupe une position de quasi-monopole en France n’ont même pas été fichus d’anticiper sur les reports des lecteurs frustrés de Charlie sur d’autre titres, Libération ou Le Canard enchaîné. Dans le bled de quatre mille habitants où je tente régulièrement de choper un de ces titres, ce matin à 9 h, pas de Charlie (livraison prévue jeudi 15…), pas de Libé, pas de Canard. En revanche, Le Figaro et Le Parisien à foison. Quand on sait que Presstalis est tenue par le Syndicat du livre et de la communication CGT, on finit par penser (à tort ?) que ce syndicat est fortement marqué à droite. Pourquoi ne trouve-t-on jamais les canards de gauche dans les coins reculés de la campagne française ? Pourquoi les journaux de gauche meurent-ils plus vite que la presse de droite ? Presstalis possède une partie de la réponse. Tant que cette société archaïque construite sur les décombres de l’après-guerre continuera de sélectionner les titres auxquels ont droit les ploucs de cambrousse, la liberté de la presse aura du souci à se faire.
Presstalis, magnanime, soutient Charlie Hebdo, soit ; elle ne fait pas payer sa distribution à la société éditrice du journal. Bravo, on applaudit des deux mains. Mais, tiens, elle décide, qui plus outre, d’imposer aux diffuseurs, autrement dit les marchands de journaux, de ne pas se faire payer non plus sur les ventes de Charlie. Et les marchands de journaux, qui ont passé leurs commandes (dans mon bled, 70 exemplaires au lieu des 4 grassement distribués en temps ordinaire) apprennent le 13 janvier qu’ils ne toucheront pas un centime sur les ventes. Sans doute auraient-ils aimé être consultés. Mais Presstalis ne sert que ses intérêts, fussent-ils moraux.


1 commentaire:

  1. Non, vieux Bill, le livre CGT n'est pas marqué à droite, c'est juste la pleine mesure de ce que peut fournir le stalinisme à la sauce orwellienne ; l'inefficacité dans toute sa splendeur !
    Moraux ? Mon cul ! Des traîtres de classe, des gougnafiers bolchevisses, oui !

    Cela étant je vous embrasse toutes les deux.


    Я Чарли


    RépondreSupprimer

Commentaires